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"On prescrit plus qu’on n’écoute...

  • il y a 14 heures
  • 2 min de lecture


DÉNI DU PSYCHISME : QUAND LA PSYCHIATRIE OUBLIE L’HUMAIN

avec la médicalisation de la maladie mentale au profit du lobby pharmaceutique.

Le DSM V, dictionnaire qui propose une classification des troubles mentaux est conçu comme un guide pour la pratique quotidienne des professionnels.

Or, cet ouvrage de référence est conçu par les laboratoires pharmaceutiques.

Ceux-ci, afin de respecter leurs intérêts financiers, font rentrer la personne dans des cases avec une liste de critères.

Dans cette liste de "maladies mentales" est apparu il y a quelques années, le stress, l’anxiété et le deuil.

Puis à chacune des cases son/ses médicaments qui est / sont censé(s) guérir !

Désormais la souffrance psychique, au lieu d’être reconnue, est sous contrôle des lobbies pharmaceutiques qui ont créé le DSM.

Nombre d’établissements fonctionnent en tension permanente, au détriment de la qualité de la relation thérapeutique.

Mais au-delà des moyens, c’est l’esprit même de la psychiatrie qui vacille.

Nous assistons à un déni du psychisme : le vécu subjectif, la parole, le sens, sont relégués derrière les classifications, les critères et les molécules.

Le DSM-V, “bible” des psys, prétend définir ce qui est normal ou pathologique.

Or, comme le rappelle Europe 1 dans son article “La Bible des psys sous le feu des critiques”, cette classification est régulièrement révisée sous l’influence des grands laboratoires pharmaceutiques.

Allen Frances, psychiatre américain et concepteur du DSM-IV, dénonçait déjà cette dérive dans son ouvrage Saving Normal :

“Nous sommes en train de transformer les émotions humaines normales en maladies mentales.”

Ainsi, la médecine du psychisme s’éloigne du sens même de l’humain.

On prescrit plus qu’on n’écoute.

On étiquette plus qu’on ne comprend.

Et la souffrance psychique, au lieu d’être reconnue, est réduite à un désordre chimique.

Il est temps de redonner au soin mental son essence.

De rappeler que la douleur psychique n’est pas toujours une maladie, mais souvent une part de notre humanité en mouvement.

Et qu’aucun médicament ne remplacera jamais la compréhension, l’écoute et la présence d’un être humain auprès d’un autre.

Texte Francine Baraban

Références :

 • RFI, Des bras et des lits : la psychiatrie au bord de la rupture, 2023

 • Europe1, La “bible” des psys sous le feu des critiques, 2023

 • La Vie des Idées, Stéphane Zygart, Où va la psychiatrie contemporaine ?, 2024

"Ce qui caractérise la psychiatrie française actuelle n’est nullement son inféodation à la psychanalyse, mais une réduction de l’orientation relationnelle et (re)structurante du soin, à laquelle se substitue la chimiothérapie, avec même un retour en force de l’électro-convulsivothérapie, et une généralisation des pratiques de contention. Au principe de cette dégradation de la pratique psychiatrique se trouve le déclin de la référence à la psychanalyse, le quasi déni du psychisme au profit du tout cérébral et la médicalisation de la maladie mentale : elles entraînent une désupposition d’un quelconque savoir du patient à l’égard de ses troubles, et une négligence corrélative de sa parole. Il n’est pas nécessaire d’être spécialiste en histoire de la psychiatrie pour faire ces constats.»

Jean-Claude Maleval - Le Club de Médiapart.

 
 
 

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